Mon parcours orthodontique

la vingtaine, rétrognathe, classe II, division 2, 36 mois de travail, avancée mandibulaire nécessaire

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27avr. 2012

Administratif

Avant d'entrer à la clinique, j'ai appelé ma mutuelle pour connaitre le montant du remboursement des dépassements d'honoraires. J'avais déjà le devis de mon chirurgien. Pendant la conversation, la personne de la mutuelle m'a proposé de faire la pré-admission à la clinique, j'ai accepté et à mon entrée à la clinique, mon dossier de mutuelle était déjà prêt. C'était bien pratique. Donc il vaut mieux appeler la mutuelle avant l'hospitalisation, ça fait gagner du temps.

Le lendemain de mon opération, mon chirurgien m'a remis les feuilles d'arrêt maladie en trois volets. Il faut les compléter : nom, prénom, adresse, numéro de Sécurité Sociale, etc. Tous les documents sont à envoyer dans les 48 heures. Les deux premiers volets sont à envoyer à la Sécurité Sociale et le troisième volet à l'employeur. Le troisième volet était illisible car c'est une copie carbone, j'ai donc joint une photocopie du premier volet. Attention, sur le premier volet l'acte est précisé ainsi que le tampon précis du chirurgien (chirurgien maxillo-facial) alors que sur le volet destiné à l'employeur il n'y a pas l'acte et le tampon du chirurgien est beaucoup plus vague (docteur...). Je pense qu'il vaut mieux être vague sur l'acte, l'employeur n'a pas à le savoir. Au travail, très peu de personnes sont au courant de mon intervention.

En sortant de la clinique, j'ai payé les dépassements d'honoraire du chirurgien et de l'anesthésiste. Les frais d'hospitalisation étaient pris en charge à 100% par ma mutuelle. J'ai reçu une facture de plusieurs feuilles. J'ai fait des photocopies pour moi et j'ai envoyé ces factures originales à ma mutuelle pour obtenir le remboursement des dépassements d'honoraire. Avec autant de feuilles, il fallait un timbre un peu plus cher que le timbre à 20 grammes (4 feuilles A4 pour un timbre à 20 grammes). J'ai reçu un virement de ma mutuelle très rapidement.

Pour résumer, il y a plusieurs documents à envoyer dès la sortie de la clinique, ce n'est pas le meilleur moment pour le faire mais il faut le faire. Il faut donc connaître les adresses des destinataires : Sécurité Sociale, mutuelle et employeur, ce n'est pas tous les jours qu'on envoie du courrier à ces organismes. Autant préparer les enveloppes et les timbres avant l'hospitalisation, on se facilite ainsi la période post-opératoire, surtout quand on sort un samedi matin.

26avr. 2012

Après l'opération

Dans ce billet je vais vous présenter tout ce qu'il faut pour la période post-opératoire ainsi que des photos de moi pendant cette période.

Matériel post-opératoire


Il vaut mieux acheter tout cela avant l'opération, ça facilite la convalescence chez soi.

Accessoires


Pendant 20 jours j'ai dû manger avec 9 élastiques dans la bouche. Je pouvais à peine passer une paille et prendre mes médicaments. Il m'était impossible de mâcher, donc le seul moyen reste la paille. Ces pailles achetées sur Internet ne sont pas assez larges, je les ai peu utilisées :

pailles-droites.jpg


Les pailles de Carrefour sont les plus larges que j'ai pu trouver mais sont de mauvaise qualité. C'est pourtant celles que j'ai le plus utilisées. Elles résistent mal à la chaleur des potages, j'en utilisais deux ou trois par repas (potage, yaourt, Calin+, compote) :

pailles-multicolores.jpg


Les pailles coudées sont très pratiques pour boire des jus :

pailles-coudees.jpg


J'ai pu me regarder à la clinique le premier jour avec un miroir de poche :

miroir-de-poche.jpg


Le gel antibactérien permet de se nettoyer les mains à la clinique, je pense que c'est important. Attention à prendre une version gel pas trop liquide (évitez ce modèle) :

gel-antibacterien.jpg

Avec tous ces gonflements sous la peau, pensez à vous procurer un gel pour vous nettoyer le visage.

Nourriture


Mon blender m'a très peu servi en fait pendant le blocage. J'ai essayé, c'est écœurant de manger des choses mixées avec du lait. Du coup j'ai mangé des "plats" préparés.

Au début de la période post-opératoire on ne doit manger que froid, des yaourts, des compotes ou de la glace à la vanille. J'ai aussi de la glace au chocolat, attention aux pépites de chocolat, cela passe mal à travers la paille :

glace-vanille.jpg


Au bout de quelques jours on peut manger chaud. Le velouté de légumes passe bien à la paille :

veloute-de-legumes.jpg


Essayez de varier les potages :

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Les Calin+ de Yoplait viennent de sortir, ça tombe bien, c'est exactement ce qu'il me faut. En effet pour fabriquer de l'os, il faut du calcium mais aussi de la vitamine D pour fixer ce calcium sur les os. On peut aussi s'exposer au soleil. Un pot de Calin+ contient la dose journalière de vitamine D. J'en prends le midi et le soir. Il existe trois parfums : nature, vanille et fruits :

calin-plus-vanille.jpg


On peut peut-être se lasser des Calin+ à la vanille. En fait j'ai d'abord acheté le parfum aux fruits mais les morceaux de fruits passent très mal à travers la paille, il faut aspirer comme un fou et ça fait mal aux articulations de la mâchoire. Il vaut mieux manger ces Calin+ aux fruits à la cuillère, après le déblocage :

calin-plus-fruits.jpg


Un dessert à la compote à chaque repas pour varier :

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Si vous ne digérez pas très bien le lait, il existe un substitut : le soja au calcium. Ca n'a pas le même goût mais je m'y suis fait, d'autant plus que j'en ai bu pas mal pendant cette période :

soja-calcium.jpg


Les desserts Mont Blanc sont un peu trop épais, il vaut mieux ajouter un peu de lait ou de soja au calcium pour que ça puisse passer à travers une paille :

mont-blanc.jpg


Le Red Bull contient beaucoup de vitamines B6 et B12, vitamines utiles pour la reconstruction nerveuse. J'en prends plusieurs fois par semaine :

red-bull-face.jpg

red-bull-dos.jpg

Bien sûr il ne faut pas oublier les jus de fruits (100% pur fruits), tout ce qui peut apporter du goût au lait (ou soja au calcium) comme le Nesquick ou l'Ovomaltine en poudre. Essayez de trouver d'autres idées, la seule contrainte étant qu'il faut que ça passe par la paille.

Soins


Environ 26 € à la pharmacie pour deux poches thermiques à mettre au congélateur et à placer de chaque côté de la tête :

actipoche-glace.jpg

Un peu de bricolage avec de l'adhésif 3M Durapore pour attacher les deux housses ensemble et pouvoir entourer la tête avec les poches thermiques :

actipoche-housse.jpg


Le stick pour les lèvres est utile à la clinique, j'avais les lèvres assez sèches dans ma chambre exposée au soleil. En plus je n'avais pas le droit de boire la première journée :

stick-levres.jpg


Essayez de vous procurer cet adhésif 3M Durapore auprès des infirmières au moment de votre départ. Il est très efficace, très solide, se déchire facilement et se décolle à l'eau sous la douche mais à ce moment la colle sent très mauvais. Il m'a été utile pour fixer les housses des poches thermiques et pour fixer mon sparadrap sur le menton car il finissait par se décoller :

scotch-3M-durapore.jpg


J'ai récupéré la seringue qui m'a servie à la clinique, elle permet de propulser le liquide de bain de bouche près des plaies. C'est un peu gadget mais ça m'a servi :

seringue.jpg


Ce haricot est surtout utile à la clinique pour recracher le bain de bouche tout en restant au lit :

haricot.jpg


L'adhésif 3M Durapore et la seringue dans le haricot :

haricot-scotch-seringue.jpg


Ces gobelets m'ont rendu service au moment des bains de bouche :

gobelets.jpg


Ces mouchoirs sont pratiques à la clinique et à la maison pour s'essuyer après les bains de bouche :

boite-mouchoirs.jpg


Pendant la période de blocage, 20 jours quand même, on ne peut pas se brosser la face interne des dents et je sentais le tartre s'accumuler. Certains jours je n'aimais pas mon haleine. Alors même si ce n'était pas imposé par mon chirurgien, j'ai préféré faire quelques bains de bouche de temps en temps avant les rendez-vous avec les spécialistes que je consultais :

bain-de-bouche.jpg


Le jet dentaire est très utile après les potages ou les soupes. Les morceaux de légumes se coincent partout, c'est surprenant. J'ai pris le modèle le plus basique à Darty, 50 € environ :

jet-dentaire.jpg


La brosse à dent souple 7/100 est la seule brosse à dent utilisable. En effet il y a des cicatrices sur la gencive inférieure des prémolaires aux molaires ainsi qu'au niveau des incisives, presque partout en fait. J'ai essayé la brosse à dent 15/100, c'est bien trop dur. Comme la brosse à dent 7/100 est très souple, elle a une durée de vie assez faible, de l'ordre de deux semaines :

brosse-a-dent-7-centiemes.jpg


Sur les conseils de ma dentiste, j'ai pris du dentifrice au fluor qui permet de renforcer la dent mais attention à ne pas en prendre trop souvent :

dentifrice-au-fluor.jpg

Et maintenant des photos de mon hospitalisation et de la période post-opératoire.

J+1071 : jour de l'intervention


La tulipe dans la narine gauche (avec une épingle à nourrice pour ne pas l'aspirer, ahah), du sang dans la narine droite ainsi que sur la lèvre inférieure :

tete.jpg


Le bouton rouge pour appeler les infirmières et le vert pour la morphine. Je n'ai eu besoin de rien :

tete-et-telecommandes.jpg


L'écran de contrôle à ma gauche et la pompe à morphine juste à côté :

mesure-parametres.jpg

J+1072 : lendemain de l'intervention


Deuxième jour d'hospitalisation, je porte un polo en haut. En bas je porte toujours mon pyjama. Un seul pyjama m'aura suffit en fait vu que je ne suis resté que 50 heures à la clinique. On m'a mis dans une nouvelle chambre, j'ai de nouvelles poches de glace qui tiennent beaucoup mieux grâce à l'adhésif 3M Durapore.

face-avec-glace.jpg


J'aime bien mon profil maintenant :

cote-droit.jpg


La lèvre inférieure est un peu gonflée :

trois-quarts.jpg


Ma gorge est bien gonflée :

face.jpg

Radio panoramique à J+1072, lendemain de l'opération


Cette fois les radios apparaissent comme les photos, comme si on me photographiait de face. La fracture du côté gauche m'a beaucoup surpris. Elle est très visible, on voit un décalage longitudinal mais aussi vertical. A droite on voit très mal la fracture mais elle existe bien :

face-blanc.jpg

plaque-gauche-blanc.jpg

plaque-droite-blanc.jpg


La même radio d'une autre couleur :

face-noir.jpg

plaque-gauche-noir.jpg

plaque-droite-noir.jpg

J'avoue que les vis du côté droit ont l'air d'être en plein dans les racines des prémolaires, ça m'inquiète un peu. Sur les radios d'autres personnes opérées comme moi, ces plaques et ces vis sont en général situées un peu plus bas. J'étais très étonné de voir mes plaques et mes vis si haut placées.

J'aimerais bien que mon orthodontiste s'occupe aussi des incisives supérieures, elles partent vers ma gauche.

J+1074 : chez moi trois jours après l'intervention


Dans mon lit avec les poches thermiques autour de ma tête, c'était assez pénible. A la clinique on m'a dit que la glace permettait d'éviter les gonflements, il n'y a rien d'autre à faire :

face-avec-glace.jpg


Les gonflements sont bien visibles, on voit une plaie au niveau de la commissure des lèvres à ma gauche, les spécialistes ont dû tirer fort à cet endroit :

face-sparadrap.jpg


Le profil me plait :

cote-droit.jpg

J+1076 : cinq jours après l'intervention


Cinq jours après l'opération, je pense que j'ai atteint le maximum des gonflements. Mon côté droit est plus gonflé, mon orthodontiste a dit qu'avec le chirurgien ils ont eu des difficultés à fixer ce côté, il était difficile de placer la valve intérieur comme prévu et mes valves glissaient :

face-bouche-fermee.jpg


Sur la photo suivante, on voit que les arcades sont décalées. De plus l'occlusion repose sur le contact bout à bout entre les incisives de droite. C'était très instable et peu agréable. Un coup les dents étaient en bout à bout, un coup l'incisive latérale supérieure passait derrière (!) l'incisive latérale inférieure. On peut aussi voir la barbe qui commence à pousser à travers le sparadrap :

face-bouche-ouverte.jpg


Le côté droit est assez gonflé :

cote-droit.jpg


Le côté gauche est un peu mieux :

cote-gauche.jpg

J+1085 : 14 jours après l'intervention


La mandibule a légèrement reculé d'environ un millimètre, les dents s'emboitent bien. L'occlusion ne repose plus sur les incisives de droite mais sur les molaires. J'ai des claquements très bizarres du côté droit. Je ne sais pas si ça vient de la plaque en titane, des soudures de l'os de la branche droite de la mandibule qui cassent. Ces claquements sont apparus après le recul de la mandibule. En fait tout est en mouvement : l'articulation, les dents et les os. Et tout ce petit monde doit s'adapter. C'est bien l'os qui claque, la fracture est plutôt longue et je pense que le claquement provient de la soudure de l'os vers la branche montante. Ce n'est pas douloureux mais surprenant. A chaque effort trop important sur la mâchoire, ce claquement me rappelle à l'ordre. Par exemple quand je parle trop longtemps ou que je m'appuie sur ma mâchoire, alors ces claquements réapparaissent.

Dans le lit il vaut mieux dormir sur le dos. En effet ma mandibule qui était faite d'une seule pièce avant est maintenant en trois morceaux. Et ce montage n'est maintenu que par quelques plaques et vis. Tant que la soudure de l'os n'est pas faite, c'est comme un meuble qu'on aurait monté mais dont les vis seraient à peine vissées. Imaginez maintenant que vous forciez sur ce meuble, il bouge bien. C'est ce qui m'est arrivé plusieurs fois. J'ai l'habitude de dormir sur le côté, d'où des contraintes latérales importantes. Deux minutes après avoir mis ma main sous ma joue, je comprenais mon erreur. Et je reviens à la position sur le dos et la mâchoire claque : les os ont bougé.

14 jours après l'intervention, je ne me suis toujours pas rasé. Je viens juste de voir mon stomatologue qui m'a autorisé à retirer le sparadrap.

De face, on voit que les gonflements ont bien diminué :

face-bouche-fermee.jpg


De profil :

cote-droit.jpg

cote-droit-2.jpg


Petite comparaison avant/après :

profil.jpg

cote-droit.jpg


Il y a des élastiques dans tous les sens :

dents-face.jpg


La cicatrice sous la lèvre inférieure : le chirurgien a passé son scalpel dans cette zone pour accéder à la pointe du menton. On peut voir les fils, ils ne me gênent pas :

cicatrice-levre-inferieure.jpg


Le gencive a été entaillée à partir des prémolaires jusque très loin derrière les molaires je crois, on voit qu'elle est plus rouge qu'ailleurs :

dents-cote-gauche.jpg

dents-cote-droit.jpg


Juste après l'intervention, mes gencives étaient très abimées, comme décollées des dents. C'est normal elles ont bien bougé et le scalpel est passé par là.

Au niveau des sensations, la zone problématique concerne la lèvre inférieure jusqu'au menton. Je sens des fourmillements sous la lèvre inférieure jusqu'au menton presque en permanence depuis qu'on m'a retiré le sparadrap mais je n'ai pas récupéré les sensations d'un côté. Quand j'étais petit, je me suis légèrement brûlé la paume de la main au fer à repasser (la curiosité...), j'ai eu une cloque pleine de lymphe et la sensation à cet endroit était curieuse, on sent moins bien vu qu'il y a beaucoup de liquide entre la peau et les nerfs, enfin je crois. Je n'ai aucune séquelle, c'était uniquement dû à cette bulle sous la peau. C'est un peu cette sensation que j'ai sous la lèvre inférieure, j'ai l'impression que c'est gonflé alors que non. Du côté gauche je sens bien le toucher, le froid et le chaud mais il y a en plus cette sensation bizarre de gonflement. A droite je sens à peine le toucher, il faut vraiment appuyer mais je ne sens pas le froid et le chaud. Les spécialistes ont beaucoup travaillé à droite, peut-être que le nerf a bien souffert.

Le col de mon blouson a effleuré mon menton, la sensation est très vive, ce n'est pas comme avant, là j'évite les contacts avec mon menton. A un moment alors que je conduisais je pensais me faire électrocuter, ça surprend. Cette sensation s'est atténuée, je m'y suis habitué.

Je dégonfle doucement, le résultat me plait, mon stomato est satisfait, ma mutuelle m'a déjà remboursé les dépassements d'honoraires alors que la clinique n'a pas encore encaissé le chèque. L'opération m'aura coûté 0 €.

03avr. 2012

Opération

J+1071 : jour de l'intervention


6h40 : arrivée à l'entrée de la clinique, il fait nuit. Je transporte ma grande valise bien remplie, on dirait que je pars en vacances. En fait on m'a dit que l'hospitalisation durerait 4 jours, donc il vaut mieux être prêt à tout, ça facilite beaucoup les choses.

7h00 : admission à l'accueil de la clinique, tous les papiers étaient prêts. La secrétaire a imprimé quelques étiquettes.

7h25 : arrivée dans la chambre, douche complète à la Bétadine (shampooing et corps), deux fois. J'ai mis un peu de temps car la douche à la Bétadine était une première pour moi, bon il n'y a rien de spécial en fait mais je ne voulais pas rester tout orangé. La douche ne comportait pas de rideau et je n'avais pas envie de mettre de l'eau partout.

7h50 : je m'habille en tenue de combat et on accroche mon nom à mon poignet.

7h55 : je prends un calmant (c'est vraiment efficace ?) avec 3 ml d'eau et un brancardier qui ressemble à Josh Hartnett me fait faire une petite balade en brancard dans les couloirs de la clinique, il me pose quelques questions. J'espère qu'il ne sort pas du film Sin City. A ce moment là je pensais tout arrêter, où est-ce que je vais ? Qu'est-ce que cette opération va réellement changer pour moi ? Pour qui ? Pour quoi ? Dans quel but faire tout cela ? Rien ne m'y oblige, j'ai encore le choix, c'est même mon choix. Est-ce un caprice ? Mes ATMs vont prendre cher pendant l'intervention, est-ce que je ne suis pas en train de mettre le doigt dans l'engrenage ? Je ne vais pas me retrouver avec plus de problèmes qu'avant ?

8h00 : j'arrive dans une salle juste avant le bloc, un enfant de quelques années pleure et appelle sa mère. L'anesthésiste s'occupe de moi, me pose quelques questions sur mon travail, me demande si je suis droitier pour qu'il me pique dans le bras gauche. Une femme arrive, elle ne participe sans doute pas à mon opération. Elle demande ou affirme que c'est pour une bi-max, je réponds que non c'est seulement une avancée mandibulaire et une génioplastie si besoin. J'espère qu'ils ne se sont pas trompés sur mon cas. Puis mon chirurgien arrive, il me demande d'ouvrir la bouche. L'enfant que je n'ai toujours pas vu continue à pleurer et à appeler sa mère, le pauvre. Le personnel n'arrive pas vraiment à le calmer. J'imagine sa peur. Finalement on me pousse au bloc et au passage mon chirurgien essaie de rassurer l'enfant en blaguant. Le bloc est froid, sombre et immense, comme si on était dans une station spatiale un peu abandonnée. On colle mon brancard au billard et je m'y déplace. Les lampes au plafond sont éteintes, ça me permet de voir leurs facettes, c'est joli. On me couvre et on m'ajoute même un souffle d'air chaud au niveau des pieds et qui remonte pour me réchauffer le corps. C'est très confortable. Seul le buste à partir des tétons est découvert. On me colle trois électrodes sur le torse et près du coeur ainsi qu'un oxymètre de pouls au doigt. Quelqu'un met de la musique dans le bloc ! J'apprécie, de plus le chirurgien me l'avait dit il y a 4 mois. L'anesthésiste me pose une dernière question sur mon métier, je lui réponds.

...

11h45 : je rêve. Dans mon rêve il y a une personne isolée d'autres personnes. Je finis par ouvrir les yeux, la salle est bien plus lumineuse. Une personne pleure au loin, cette fois c'est une fille qui pleure de douleur. Je suis bien au chaud dans un brancard. Je me redresse très légèrement, j'ouvre les yeux, j'ai la vue troublée, je n'arrive pas à fixer mon regard ou à distinguer les personnes. Avec mes mains je sens que j'ai les jambes attachées par une ceinture en cuir au niveau des genoux, j'essaie de déboucler cette ceinture de la main gauche mais je n'y arrive pas. Je me rallonge et me rendors pour quelques instants mais je suis réveillé par cette fille ou cette femme qui pleure de douleur. Et ça recommence plusieurs fois. Il y a une horloge tout en haut du mur derrière moi. Au bout de 40 minutes environ j'arrive à y voir de plus en plus clair. Je n'ai rien sur mon visage à part une sorte de sparadrap pour maintenir mon menton en place mais je n'ai aucun drain et aucun trou dans la peau. Lors du rendez-vous avec l'anesthésiste, on m'avait prévenu de la présence d'une "tulipe" dans le nez et elle est bien dans la narine gauche. C'est un tube qui m'aide à respirer, il ne me gêne pas tellement. Devant moi une fille commence à émerger tout comme moi il y a quelques minutes, je lui fais coucou de la main pour encourager cette compagnonne de galère mais elle ne me répond pas. A ma gauche une personne dort, j'entends sa respiration. Je commence à lire mon dossier, je lis que j'ai deux plaques dans la bouche, 6 vis de 8 mm et 2 vis de 6 mm. Mais je ne suis plus sûr de la longueur maintenant. 8 et 6 mm ou 10 et 8 ? Je vois également des courbes de tension qui sont à peu près stables, j'essaie de deviner la durée de l'intervention en me référant à l'échelle en haut de la page, la durée me semblait courte, entre une et deux heures, peut-être. J'essaie de mémoriser un maximum d'informations, je sais que je ne reverrai pas ce dossier et qu'il y a peut-être des choses très intéressantes. Un brancardier m'emmène ensuite dans la chambre. J'ai beaucoup aimé cette ambiance dans la salle de réveil, l'impression qu'il m'est arrivé quelque chose et que je m'en sors très bien, que tout va bien.

12h50 : je suis dans ma chambre, la petite télé face à moi. On me met deux poches de glace autour du visage mais elles finissent par se réchauffer au bout de quelques heures. Les infirmières vont régulièrement se relayer pour changer ces poches de glace et mes perfusions, c'est à dire les deux petites poches situées 50 cm à gauche au-dessus de ma tête. C'est de l'eau sucrée pour maintenir la veine, des anti-inflammatoires et des corticoïdes je crois. Elles prennent également ma tension à chaque passage. On me dit de ne pas hésiter sur la pompe à morphine, c'est la télécommande filaire avec le bouton vert, mais je n'ai aucune douleur. De même avec la télécommande filaire avec le bouton rouge pour appeler les infirmières mais elles passent très régulièrement dans la chambre, toutes les deux ou quatres heures, je ne sais plus. Elles font très bien leur travail, je n'ai pas besoin de plus. Un anesthésiste passe et me demande si tout se passe bien.

Je suis aussi branché à une machine qui surveille mes pulsations et ma respiration via les électrodes sur mon thorax et l'oxymètre de pouls au doigt. Quand on s'écarte des bornes la machine émet des bips (pouls trop élevé, pas assez d'inspirations). Des fois c'est l'oxymètre de pouls au doigt qui est mal positionné sur le doigt.

La clinique a averti mes parents que je me suis réveillé et aussi quand on m'a emmené dans ma chambre. A 17 heures ils sont venus me voir jusque 20h30. On m'a dit qu'il fallait que je fasse pipi mais dans mon lit, sans me lever pour aller aux toilettes. Pour cela on utilise une sorte d'arrosoir pour les hommes. Pour les femmes c'est une sorte de grande assiette et il parait que c'est autrement plus compliqué. A 23h les infirmières passent et me disent que je dois faire pipi sinon c'est le sondage (un tuyau dans l'urètre), je n'en ai pas très envie. Mais en fait tout au long de la journée je n'ai pas eu envie d'aller aux toilettes. Je n'avais pas soif non plus, la perfusion fonctionne très bien. Peu après le passage des infirmières à 23h je me suis décidé à uriner dans le petit arrosoir, il doit faire un demi-litre.

Je me redresse un peu pour me retrouver assis dans le lit, je pose l'arrosoir entre mes jambes, j'écarte le drap, la robe de chambre et le slip en papier et je glisse mon engin dans l'arrosoir. J'attends, rien ne se passe, je "pousse", rien ne vient. Ca m'arrive quand je ne suis pas à l'aise, c'est pour cela que je préfère les toilettes fermés aux urinoirs. Puis je sens que ça vient doucement, je commence enfin à uriner mais il me faut me concentrer. Et j'ai maintenu ma respiration trop longtemps, la machine qui surveille ma respiration commence à bipper. Je n'ai pas envie que les infirmières interviennent à ce moment là.

J'ai du mal à identifier les bips, est-ce que ça vient de l'oxymètre au doigt ? Ou des électrodes sur le thorax ? Je respire rapidement pour rattraper la moyenne des inspirations qui doit être entre 8 et 30 inspirations par minute. Les bips s'arrêtent et je peux continuer mon affaire. Au final je remplis presque l'arrosoir, je le pose sur la table, je remballe le matériel et me lave les mains avec mon savon hydro-alcoolique parce que je sais rester propre même dans les situations difficiles.

La tulipe dans le nez commence à me gêner. Ce n'est pas le fait d'avoir un objet étranger dans le nez, non. De la salive mêlée à du sang coule au fond de ma bouche, je suis obligé d'avaler de temps en temps. Et avaler ma salive me fait mal à cause de l'intubation pendant l'opération. Je demande aux infirmières d'aspirer de temps en temps les liquides au fond de ma bouche avec un tuyau très fin. Il y a très peu de liquides mais ça suffit à m'étouffer. Ma narine droite, libre, se bouche, peut-être à cause de la chambre exposée au soleil. La respiration devient plus forcée au fil de la journée et j'ai même un peu de mal à respirer par la narine gauche car la narine se bouche autour de la tulipe, les sécrétions coulant dans la gorge le long de la tulipe. Je demande aux infirmières qu'elles me retirent la tulipe mais elles n'en ont pas le droit, soit. Je m'endors mais je me suis réveillé plusieurs fois brusquement car je n'arrivais plus à respirer par la bouche. Mes lèvres s'asséchaient. Il fallait faire avec.

Question nourriture c'est assez simple : glace, jus de pomme, compote et yaourt. Le tout à la paille. Comme les mâchoires sont serrées par des élastiques, la paille s'arrête au niveau des incisives. Ensuite c'est bain de bouche dans le lit (on recrache dans un bol en forme de haricot) et séchage avec les mouchoirs en papier. Heureusement que j'avais les miens, c'est très pratique. Le stick pour les lèvres a aussi été utile.

Je dors dans une position presque assise, personne ne m'a rien dit mais c'est ce que j'ai lu sur les différents blogs je crois. C'est pour faire descendre l’œdème. Heureusement le lit est électrique, on peut lever la tête ou descendre les pieds avec la télécommande.

J+1072 : lendemain de l'intervention


Entre deux visites des infirmières je regarde la télévision mais il n'y a strictement rien. Je n'ai pas l'habitude de regarder la télé mais en journée c'est pire que ce que je pensais, rien, le néant. J'ai pu voir un documentaire intéressant d'Envoyé Spécial mais en journée c'est le désert. Avec 20 chaines gratuites sur la TNT c'est vraiment désespérant en fait. Il n'y a que BFM TV qui brode sur des faits divers... Ah si, il y avait Des chiffres et des lettres avec plus de chiffres qu'avant. Je n'ai pu lire que 20 pages d'un livre, je n'en avais pas trop envie. Mais sinon il n'y a rien à faire. Au final le temps finit par passer je ne sais pas trop comment.

Dans la matinée les infirmières me retirent enfin la tulipe, ce n'est pas très agréable mais je m'attendais à pire. En fait la tulipe doit faire dans les 8 centimètres, imaginez-vous avec le petit doigt entièrement dans le nez, je ne savais pas que ça passait. Ensuite je me suis lavé le nez avec des ampoules de chlorure de sodium à 0,9%, c'est de l'eau salée. Et mon nez était enfin débouché, je pouvais respirer normalement. A partir de là je me suis senti bien mieux.

J'ai pu effectuer ma toilette au gant de toilette dans la salle de bain, assis sur une chaise. C'était très sommaire.

J'ai vu le chirurgien, il ne sait pas de combien il a avancé ma mandibule car il a fait cinq interventions cette semaine. Il a "rasé" mon menton (l'os, pas les poils), il n'a pas effectué une génioplastie où l'on coupe une partie du menton pour la fixer avec une plaque ensuite, non il a simplement réduit le volume à la fraise. Le chirurgien me remplit la feuille d'arrêt de travail : 4 semaines. Ca me va. Je dois ensuite faire des radios et changer de chambre car le service où je suis ferme le week-end. Le même anesthésiste passe et me demande si tout se passe bien.

On m'installe dans un fauteuil roulant, je me sentais prêt pour me balader mais bon il faut aussi transporter les perfusions... Je préviens le radiologue que je ne pourrai pas mordre dans la réglette comme à l'habitude. Pas de problème, il pose un support en plastique en forme de "C" contre lequel je viens appuyer mon menton et mon front. La radio se passe très bien, je récupère le cliché, j'attends mon brancardier qui ne veut toujours pas en finir avec moi, tant mieux. Il me ramène dans ma nouvelle chambre avec une bien meilleure vue sur la ville. J'ai gagné un lit plus grand et une chambre plus fraiche.

La radio est surprenante, on dirait que seule une branche de la mandibule a été fracturée. On voit bien les deux plaques ainsi que les 8 vis.

D'autres infirmières s'occupent toujours aussi bien de moi. Je finis par m'endormir devant la télé. A 1h49 j'éteins la télé et je me rendors mais 10 minutes plus tard les infirmières font leur passage... Elles prennent ma tension qui est bien faible mais c'est normal. Elles changent ma perfusion et je m'endors de nouveau, c'est très facile. La douleur à la gorge due à l'intubation s'est beaucoup estompée.

J+1073 : sortie


Je sors vers 9h en réglant les dépassements d'honoraires du chirurgien et de l'anesthésiste. Il me reste à suivre les consignes post-opératoires mais je suis un peu laissé tout seul dans la nature. Heureusement que les parents sont là mais il ne faut plus trop compter sur la clinique ensuite.

Tout le monde à la clinique a été adorable avec moi. Je ne connaissais que très peu le milieu hospitalier mais là c'était digne d'un hôtel 6 étoiles. Au final je ne suis resté que deux jours. Tant mieux, il n'y avait rien à faire et tout allait bien pour moi.

Je n'ai pas pas de drain et pas de douleur, juste un sparadrap pour maintenir mon menton. Des gonflements sont apparus, un peu plus gros qu'avec mes dents de sagesse mais je n'ai aucun bleu. Je sens ma lèvre inférieure différemment, comme si elle était endormie mais des fois je sens des fourmillements se déclarer dans cette zone.

J'ai des médicaments à prendre : des antibiotiques et des anti-inflammatoires pendant 5 jours ainsi que des bains de bouche pendant 10 jours après chaque repas.

Je ne croyais pas trop mon chirurgien quand il m'avait dit que ce serait comme les dents de sagesse mais c'est tout à fait ça en fait. Il a eu beaucoup plus de travail bien sûr mais de mon côté ça se passe plutôt bien.

J'ai donc les mâchoires bloquées par des élastiques, les incisives supérieures et inférieures sont presque en bout à bout, l'occlusion est très mauvaise, très instable, les dents ne s'emboitent pas. Mais plus les jours passent et plus les molaires se rapprochent. Il s'agit maintenant de dégonfler, d'améliorer l'occlusion, de consolider les fractures et de pouvoir retrouver une alimentation bonne.

27mar. 2012

Avant l'opération

L'opération aura lieu dans quelques jours, je me sens prêt sauf au niveau alimentation.

Alimentation


Devant le rayon pour bébés, j'ai longtemps hésité pour trouver quelques pots appétissants. J'ai trouvé quelques pots qui pourraient me plaire, j'en ai goûté un et ce n'était pas très bon. Je me demande encore comment je vais faire. Je vais m'acheter des Yop, des compotes et des crèmes dessert. J'ai cinq kilos de compotes (je constate que c'est toujours à base de pomme), 40 litres de Soja au calcium (ça remplace le lait) et une dizaine de pots de crème dessert Mont Blanc en réserve, ça devrait le faire. J'ai aussi de la soupe.

Sinon j'ai trouvé un site proposant des recettes :

J'aurais dû m'entrainer plus avec le Blender mais la cuisine et moi ça fait déjà deux, alors en plus essayer de manger de la nourriture moulinée...

Je ne m'inquiète pas trop mais ça ne m'enchante pas non plus.

Pendant le rendez-vous avec le stomatologue, ce dernier m'a dit que l'hospitalisation durerait de trois à quatre jours, je lui ai dit que je préférais trois jours, j'espère ne pas y rester trop longtemps. Les journées vont être longues, je vais prendre quelques livres achetés exprès pour l'occasion.

RDV orthodontiste


Lors du dernier rendez-vous avec l'orthodontiste, elle m'a fait avancer la mandibule plusieurs fois. Ca a changé depuis le rendez-vous en décembre. Bien que fort probable à cause des masses musculaires, la récidive n'est pas obligatoire. Donc les dents ne seront pas placés en bout à bout comme je l'avais compris, sinon je ne serais bon qu'à manger des artichauts en cas de non récidive. Non les dents seront tout juste au contact, les dents inférieures toucheront presque les dents supérieures. Ainsi dans tous les cas, récidive ou pas de récidive, mes dents seront bien positionnées.

Pendant que l'orthodontiste préparait la résine pour les empreintes de contact inter-maxillaires on a discuté... d'orthodontie ! Vers 9-10 ans, voire 11 on aurait pu corriger la croissance de ma mandibule, j'avoue que je ne me posais pas du tout ce genre de question à cet âge là. Pendant la visite médicale à mon entrée en 6e on m'avait dit que j'avais de belles dents, je pensais le contraire car j'avais déjà des caries réparées.

Le traitement à cet âge aurait nécessité un casque pour bloquer la croissance du maxillaire (supérieur) et un appareil pour faire croître la mandibule. Après la poussée de croissance à la puberté, on ne peut pas faire grand chose avec la croissance résiduelle.

Dans les cas de classe II division 1, de nombreux parents pensent que les dents de leur enfant partent vers l'avant alors qu'en fait c'est la mandibule qui est reculée. L'orthodontiste leur explique et les parents finissent par comprendre. Ce n'est pas compliqué mais seuls les spécialistes semblent l'apercevoir. Maintenant je le vois aussi, les ignorants sont bénis.

Dans les cas de classe II division 2, comme moi, l'orthodontiste explique qu'elle avancera les incisives supérieures pour qu'elles courent après le bifteck. Cela permet de débloquer la situation et ensuite elle s'occupe de la mandibule. Dans mon cas le problème était masqué car mes incisives supérieures étaient au contact des incisives inférieures, je ne l'avais pas remarqué jusqu'à ce que mon orthodontiste me le dise. Après c'est tellement évident et je ne voyais plus que ça.

Au bout de quelques minutes, l'orthodontiste a réussi à préparer le matériel pour la prise d'empreintes. En fait c'est une tranche rose en résine que l'orthodontiste a fait fondre dans de l'eau chaude. Elle me l'a collée au maxillaire et a appuyé sur mes dents du haut avec ses doigts. La résine a pris la forme de mes dents supérieures. L'orthodontiste a insisté sur les incisives centrales.

Puis la plaque a durci et l'orthodontiste a ajouté sur la résine de la matière au niveau des dents inférieures en la faisant fondre avec une sorte de scalpel passé au chalumeau. Quatre couches ont été nécessaires car mes molaires s'écartent en avançant la mandibule. Je pense que c'est normal vu que je "déboite" mes condyles en faisant ce geste. Puis elle a replacé la résine sur mes dents supérieures, j'ai avancé la mandibule comme l'orthodontiste le voulait et j'ai mordu la résine. Je n'ai fait qu'enfoncer mes incisives inférieures de quelques millimètres mais ça a suffi à mon orthodontiste. J'ai compris que cette résine sera placée dans ma bouche pendant l'intervention pour caler ma mandibule dans la position voulue. Je pense qu'après la fracture de ma mandibule, l'orthodontiste avancera la mandibule jusqu'à cette position grâce à la résine. Le stomatologue fixera alors les plaques à l'aide de vis sur ma mandibule puis la résine sera retirée.

Ensuite l'orthodontiste a enlevé les fils de mon appareil pour prendre les empreintes de mes dents, ce n'est pas la première fois. L'orthodontiste n'a pas changé ou modifié le fil. Ma canine 23 qui descend un peu plus que l'autre ne sera pas remontée avant l'opération, elle ne gênera pas l'avancée mandibulaire.

J'ai aussi demandé quelques détails à mon orthodontiste car j'avais oublié de poser ces questions au stomatologue. Je voulais savoir si la position de mes condyles allait être modifiée. Non pour elle les condyles ne bougeront pas, seule la valve intérieure sera déplacée.

Puis en partant j'ai discuté avec la secrétaire. Elle m'a posé des questions sur la durée d'hospitalisation, ce serait trois jours normalement, enfin c'est ce que je voulais car le stomatologue proposait trois ou quatre jours. De toute façon d'après la secrétaire, je n'ai pas le choix sur la durée de l'hospitalisation ahahah à moins de signer une décharge. Elle m'a demandé si j'appréhendais. Non, enfin oui. J'ai pensé lui parler de mon rêve car je ne voyais pas trop quoi lui répondre mais j'ai peu parlé et je sentais que j'avais la gorge nouée.

Je ne verrai pas mon orthodontiste, elle arrivera au bloc alors que je serai déjà anesthésié.

RDV anesthésiste


C'est la deuxième fois que je vois un anesthésiste, la première fois c'était pour mes dents de sagesse. Le questionnaire est très simple, on m'interroge sur mes allergies, mes précédentes anesthésies générales, mon poids et ma taille. Je lui ai dit que j'avais quelques souvenirs du retrait de mes dents de sagesse. L'anesthésiste regarde ma gorge et ma tension puis vérifie que je respire bien avec son stéthoscope.

J'aurais une "tulipe" dans le nez, c'est un tuyau qui ira jusqu'au niveau du pharynx pour me permettre de respirer. Je n'en avais pas lors de l'extraction de mes dents de sagesse, encore quelque chose de nouveau pour moi. L'intervention devrait durer entre 1h30 et 2h30, c'est la première fois qu'on me donne un ordre de grandeur. En plus je n'ai pas parlé de la possible génioplastie qui devrait augmenter la durée de l'opération. Puis j'irai en salle de réveil pendant deux ou trois heures. Pas de morphine pour la douleur car l'intervention ne concerne que la mandibule. C'était très rapide mais j'ai aussi pu voir la clinique où je devrai rester quatre jours, trois jours si tout va bien. Beaucoup de malades circulent dans les couloirs, ce n'est pas très joyeux.

Voilà des photos de brosses à dents chirurgicales :

brosses-face.jpg

brosses-dos.jpg

Et quelques photos avant l'intervention :

face.jpg

face-sourire.jpg

Normalement le profil devrait changer :

profil.jpg

Sur les photos suivantes on peut voir les pitons sur les arcs ainsi que le surplomb incisif :

face-1.jpg

cote-gauche.jpg

cote-droit.jpg

Pendant l'opération j'aurai toujours mon appareil, puis l'os devra se consolider et je suivrai des séances de kiné. L'orthodontiste devrait poursuivre l'ajustement de mes dents pendant environ six mois mais elle ne m'a pas donné de date pour la fin du traitement.

29fév. 2012

RDV février 2012

Au mois de février j'ai vu mon orthodontiste puis mon stomatologue tandis que mon intervention me préoccupait.

Consultation orthodontiste


Pendant cette longue séance, près d'une heure et vingt minutes tout de même, l'orthodontiste a beaucoup discuté avec moi, m'a demandé comment mes parents ont pris la nouvelle de mon opération. Je lui ai répondu qu'ils ont compris, il n'y a pas vraiment de problème avec cela. Elle m'a raconté l'histoire d'une personne qu'elle connait depuis longtemps, qui a le même problème que moi, à savoir une classe II, division 2. Ses incisives centrales supérieures ont bien abimé la gencive de ses incisives inférieures. Mais cette femme n'a jamais entrepris de traitement orthodontique pour corriger cela et elle a 20 ans de plus que moi, 20 ans de dégâts sur sa gencive en plus. L'ignorance fait des ravages.

Et il aura fallu qu'elle aille consulter un orthodontiste pour son enfant, pour que cet orthodontiste lui conseille de faire de l'orthodontie car c'est elle qui en avait le plus besoin. Ce fut le déclic pour elle et elle se fait traiter maintenant par mon orthodontiste. Peut-être que ça ne la gênait pas ? Peut-être qu'elle ne savait pas qu'on pouvait faire de l'orthodontie à l'âge adulte. Toujours est-il qu'il ne faut pas compter sur les orthodontistes hors du travail pour vous dire ce qu'il faudrait faire. En même temps ce n'est pas facile, vous vous voyez dire à quelqu'un qu'il devrait se lancer dans l'orthodontie alors qu'il n'a rien demandé ?

Personne ne m'a jamais rien dit à part mes parents mais tardivement et de toute façon j'avais déjà l'idée en tête depuis longtemps. On ne se l'avoue pas mais dans la vie on mise toujours sur l'arrivée des secours. Et en fait personne n'arrive, il faut chercher les secours soi-même ! Je ne sais pas si j'attendais quelque chose avant mon traitement mais en tout cas rien ne s'est présenté. J'ai dû aller chercher mon traitement orthodontique.

Et on a continué à parler d'orthodontie, du lingual (qu'elle prononce "ling-oual"). Dans ce type de traitement, un cabinet fabrique les attaches, qui sont spécifiques aux dents du patient, ainsi que les différents fils à utiliser tout au long du traitement, l'orthodontiste n'a rien à faire. Ce n'est pas ce qui intéresse mon orthodontiste. On a également discuté des traitements Daemon. Curieusement j'ai exactement la même impression des traitements Daemon : c'est de la magie. La première orthodontiste que j'ai consultée m'avait proposé ce traitement mais après avoir vu mon orthodontiste actuelle et une troisième orthodontiste, je ne parvenais pas à comprendre le traitement Daemon, ça ne pouvait pas s'appliquer à mon cas. De plus pour mon orthodontiste, les traitements Daemon élargissent les arcades au maximum, comme le sourire de Julia Roberts. Et ce n'est pas bon pour le parodonte. Enfin tous les traitements que mon orthodontiste entreprend ne réussissent pas, cela dépend beaucoup de la coopération du patient.

En fait pendant que l'orthodontiste me parlait, elle mettait en place les pitons sur les arcs chirurgicaux avec une grande précision. Les arcs chirurgicaux sont des fils de section carrée, ils sont un peu plus épais que les derniers fils mais en dehors de cela ils n'ont rien de spécial. L'orthodontiste a reproduit sur ces nouveaux fils les plis qu'on trouvait sur les anciens fils : elle n'a pas ajouté d'information. Avec une pince, mon orthodontiste arrive à refaire un fil à deux degrés près, c'est un travail de grande précision. Les pitons qu'elle a fixés sont de simples crochets qui permettront d'accrocher les élastiques entre les maxillaires. L'orthodontiste a fixé quatre pitons par fil, entre les incisives et entre les prémolaires. Le piton est serré autour du fil avec une pince, comme une mâchoire vient mordre dans une barre et l'orthodontiste a avoué que ce n'est pas ce qu'elle préférait faire.

Elle m'a remis les nouveaux fils en bouche avec beaucoup de difficultés, ce fut douloureux pendant plusieurs jours mais le paracétamol a fait son effet.

La finition se fera après l'opération, je n'ai pas compris si elle comptait attendre l’ostéogenèse pendant trois mois ou si elle allait poursuivre les travaux peu de temps après l'intervention.

On peut trouver bien plus de détails en suivant ce lien : http://www.medix.free.fr/sim/osteotomies-maxillomandibulaires-techniques.php.

Consultation stomatologue


Mon stomatologue voulait me revoir après la consultation du mois de décembre. En effet il avait donné du travail à mon orthodontiste et celle-ci lui avait annoncé trois mois de délai. Le lendemain de la consultation avec mon orthodontiste, je me suis présenté légèrement en retard au cabinet du chirurgien mais il avait encore plus de retard. Il vient enfin me chercher et commence à détendre l'atmosphère en me demandant si je suis prêt pour l'opération tout en mimant un signe de scie qui découpe avec son bras gauche... cela me fait rire. Je m'allonge sur son fauteuil incliné, il me demande d'avancer ma mandibule et regarde comment les dents s’engrènent les unes par rapport aux autres. Il lui faudra également de nouvelles empreintes alors que les dernières n'ont que trois mois.

Il me répète qu'il va avancer plus que ce qu'il faut pour compenser le recul naturel après l'opération. Il prend plusieurs fois mon menton en main et pense qu'il faudra le retoucher car j'aurai le menton en galoche. Je l'avais remarqué en effet mais jusque là personne n'en avait parlé, donc j'ai préféré ne pas en parler. Mais ça reste une inconnue de l'opération, va-t-il retoucher mon menton ou non ? On verra le résultat après l'intervention.

Ensuite nous retournons à son bureau où il souhaite me montrer des images de l'opération. Je lui réponds que j'ai déjà vu tout cela plusieurs fois et même des vidéos. Je regarde les images défiler à toute vitesse. Ensuite le stomatologue me parle du nerf facial qui passe dans la mandibule. Ce nerf n'aime pas être manipulé, décollé et étiré et c'est pourtant ce qu'il va devoir subir. Donc il y aura une perte de sensibilité provisoire qui durera un certain temps. J'ai lu bien plus de détails et de témoignages sur Internet. Je lui pose des question sur l'outil qu'il utilisera pour découper l'os de la mandibule. Il me répond que ce sera une scie piézo-électrique que la clinique a achetée il y a quelques années. Voilà un lien qui en parle : http://www.les-implants-dentaires.com/piezo/chirurgie-piezoelectrique.htm#logoG. Ca ne découpe que les os, pas les tissus. On parle aussi de la date de l'intervention, il n'a rien d'autre à me dire que "mars-avril", chose que je savais depuis un certain temps déjà. C'est la deuxième fois que je viens le voir pour obtenir une date et je sors bredouille encore une fois. On dirait un film ! En fait le chirurgien doit d'abord trouver un créneau libre à la clinique puis me tiendra au courant. Plus tard dans la semaine, une date sera trouvée en concertation avec mon orthodontiste qui assistera donc à l'intervention.

En attendant l'opération


Un matin je me suis réveillé en ayant fait un mauvais rêve. Ce n'était pas un mauvais rêve où il se passe des choses ennuyeuses comme être en retard et rater le bus, le train ou un rendez-vous, là je me réveille et j'oublie vite. Non, cette fois c'était quelque chose qui me préoccupait bien plus. Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois et ça a le don de plomber la journée. Et cette fois ça concernait l'orthodontie. Je me voyais en train d'être opéré, comme si quelqu'un était en train de s'acharner pour casser ma mandibule. Ahahah quelle idée... je me disais que c'était vraiment n'importe quoi, comme pour les rêves où je suis en retard. Et puis j'ai repris mes esprits et en fait ça va vraiment m'arriver ! J'ai l'impression que je suis en train de réaliser ce qu'on va me faire. J'aimerais bien m'en passer, ne pas avoir à faire tout cela mais je ne vais pas m'arrêter là non plus.

Plusieurs années avant de démarrer le traitement, je réfléchissais à ce qu'on pourrait me faire faire. Je ne m'imaginais pas endurer un traitement sur d'aussi longues années, c'est bien trop long. Et pas à cet âge là ! Pourquoi ne pas passer par la case opération pour sortir avec un sourire tout neuf ? Le chirurgien pourrait replacer toutes les dents sans devoir attendre plusieurs années de traitement. Ca doit exister mais on doit enlever toutes les dents, ce n'est pas trop ce que je voulais. Bref, à l'époque je ne me voyais pas du tout faire d'opération mais les jours passent et on se rapproche de mon intervention. Le temps passe plutôt vite, ça fait bientôt trois ans que j'ai commencé ce traitement.

Pour ceux qui sont encore en train de chercher un orthodontiste ou qui doutent du diagnostic de leur orthodontiste, vous pouvez demander l'avis d'autres orthodontistes sur le forum suivant : Demande de patients [Forum] : eorthodontie. Pour avoir un diagnostic assez juste, il faut faire plusieurs photos, bouche fermée (comme quand on dort), bouche ouverte mâchoires serrées et desserrées, tout cela de face et de profil. Avec des radios c'est encore mieux. Ca ne vaudra pas un vrai diagnostic, mais ce sera toujours un avis d'un professionnel.

06fév. 2012

Taches noires

J'ai remarqué quelques taches noires autour des attaches des dents du haut. J'ai réussi à diminuer la taille de certaines d'entre elles mais pas toutes. J'espère que ce n'est pas très grave, on verra au recollage des attaches ou au débaguage. En fait l'attache a une tête plus grosse que sa base, un peu comme un clou ou un champignon. Ce qui fait qu'en brossant perpendiculairement à la surface de la dent, le raccord entre l'attache et la dent est mal nettoyé. Je vais maintenant aussi incliner ma brosse à dent pour être sûr de pouvoir atteindre toutes les zones. De temps en temps j'utilise également la tête la plus fine de ma brosse à dent électrique pour pouvoir brosser ces zones difficilement accessibles avec la tête normale.

Sur la photo suivante, on peut voir quelques taches sombres autour de l'attache des dents 21 à 23 (incisives centrale, latérale et canine) : cote-gauche-serre.jpg

Pour les barbelés équipés d'une brosse à dent électrique Oral-B, il y a 3 brossettes à considérer :

  • la brossette normale Oral-B Sensitive, celle fournie avec la brosse à dent électrique. Elle est inutile pour la face appareillée des barbelés car tous les poils étant au même niveau, seule l'attache est brossée, pas la dent.

brossette-normale.jpg

  • la brossette Ortho : elle est constituée d'un cercle de poils entourant une touffe centrale. Pendant que le cercle brosse la dent, la touffe centrale brosse l'attache.

brossette-ortho.jpg

  • la brossette interdentaire : trois touffes de poils entourent une touffe centrale permettant d'accéder aux zones cachées derrière le fil près des attaches.

brossette-interdentaire.jpg

Le pack de 2 brossettes Ortho et d'une brossette interdentaire est à 7 € chez Boulanger et Darty ou sur les sites de Boulanger et Amazon.

Jusqu'à il y a peu j'utilisais quasi exclusivement la brossette Ortho. Je me servais rarement de la brossette interdentaire. Mais en prenant conscience de ces taches noires j'ai commencé à utiliser la brossette interdentaire autour des attaches. Et je me suis remis à la brosse à dent manuelle en complément de la brosse à dent électrique. J'utilise un modèle pour enfant, c'est une petite brosse à dent qui se manipule très facilement. Ainsi je peux brosser énergiquement mes dents et ces fameuses zones autour des attaches. brosse-junior.jpg

Après quelques semaines d'utilisation les poils des brosses et brossettes partent dans tous les sens, signe qu'il faut les changer.

Récemment je suis allé chez ma dentiste pour qu'elle voie ces taches qui me préoccupaient tant. J'espérais que ce n'était que du tartre coloré, surtout pas une carie sur une incisive, une canine ou une prémolaire. Elle confirme avoir vu de telles taches sur les appareils des adolescents qui n'ont pas une bonne hygiène dentaire. Elle m'a donc fait un détartrage mais a trouvé peu de tartre cette fois. Elle a réussi à retirer une partie du tartre coloré situé sur la colle autour des attaches mais pas la totalité car ses outils ne sont pas assez fins. J'ai l'impression que le tartre s'est glissé entre la dent et la colle. Mais ça n'avait pas l'air méchant pour la dentiste. Elle a appuyé ma décision de combiner les brossages manuel et électrique.

Je lui ai reparlé de mon opération qui se rapproche à chaque fois que nous nous voyons, la dernière fois c'était il y a près d'un an. Cette fois l'opération sera dans un mois ou deux. A chaque fois elle est très enthousiaste, me dit que ça va me changer physiquement. C'est son avis, je suis bien plus tempéré. Elle connait certains patients qui ont effectué ce genre d'opération. C'est mieux pour l'occlusion, pour éviter des problèmes plus tard mais il y a aussi l'aspect esthétique. C'est vrai que ça m'intéresse mais je ne pense pas que quelques millimètres de mandibule en plus vont changer grand chose à mon visage. Et puis il y a le tabou de la chirurgie esthétique, on verra comment je vais assumer. Après tout c'est bien un complexe chez moi.

On a discuté de la préparation à cette opération. Elle connait quelqu'un qui a perdu jusque 8 kg et m'encourage donc à faire des réserves. Ahah, déjà que je n'ai pas un grand appétit, faire des réserves m'est impossible. Le brossage sera bien sûr impossible tout de suite après l'opération, ce sera donc des bains de bouche et le jet dentaire. Elle me conseille d'acheter du dentifrice fluoré en pharmacie pour renforcer mes dents avant l'opération ainsi qu'une brosse à dent chirurgicale (très souple) pour les premiers brossages après l'intervention. J'ai acheté un tube à la pharmacie : FLUODONTYL 1350, 75 ml pour 10,45 €. Ca fait cher mais c'est pour mes dents.

Lancez-vous !

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